Souad Khaldi Traduction

Le point de vue du monde arabe en langue française

Muḥammad Rashîd Riḍâ : « La réforme commence par la presse et l’éducation »

Classé dans : REFORMATEURS — 16 octobre, 2017 @ 1:57

Par Ahmad Tamâm

Muḥammad Rashîd Riḍâ fut l’étudiant le plus éminent du professeur Muḥammad ʿAbduh dont il devint le successeur après sa mort. Il porta l’étendard de la réforme et du renouveau. Il insuffla un esprit nouveau dans la oumma. Il fit bouger les inactifs et alarma les distraits.

Muḥammad Rashîd Riḍâ :  « La réforme commence par la presse et l’éducation »

Rashîd Riḍâ, qu’Allâh lui accorde Sa Miséricorde, avait plusieurs facettes et qualités. Penseur islamique jaloux de sa religion et journaliste perspicace, il créa la revue al-Manâr qui eut un impact décisif sur la pensée islamique. Rashîd Riḍâ était un écrivain éloquent qui publia dans différents journaux, un brillant exégète du Coran, un des plus sûrs transmetteurs de ḥadîth de son époque, un lettré et un linguiste. Il était également un orateur passionné faisant vibrer le minbar (1), un homme politique s’occupant lui-même des préoccupations de la oumma, et un enseignant souhaitant la réforme et le progrès de cette oumma.

En résumé, Rashîd Riḍâ fut l’un des pionniers de la réforme islamique qui est apparue dans la seconde moitié du XIXème siècle. Les pionniers de la réforme islamique ont tous travaillé au réveil de la oumma afin qu’elle retrouve sa grandeur passée, sa force basée sur la voie droite de l’islam et sur la perspicacité des accomplissements de son époque.

Naissance et éducation

Muḥammad Rashîd ibn ʿAlî Riḍâ est né le 23 septembre 1865 dans le village d’al-Qalamûn, se situant sur la côte méditerranéenne au pied du Mont Liban, à environ cinq kilomètres de Tripoli (Liban). Il appartiendrait à une noble famille de la lignée prophétique. Ses origines remonteraient à la famille d’al-Ḥusayn ibn ʿAlî, qu’Allâh soit satisfait d’elle.

Son père, ʿAlî Riḍâ, était le cheikh d’al-Qalamûn et l’imam de sa mosquée. Il se chargea personnellement de l’éducation de son fils. Rashîd Riḍâ mémorisa le Coran et apprit les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul. Il se rendit ensuite à Tripoli où il intégra l’école primaire ar-Rashîdiyya qui dépendait de l’État ottoman. Il y apprit la grammaire, la conjugaison, les principes de la géographie et du calcul. L’enseignement y était dispensé en langue turque. Il y resta scolarisé un an, puis, en 1882, rejoignit l’école nationale islamique de Tripoli dont le niveau était plus élevé que celui de l’école ar-Rashîdiyya.

L’enseignement y était dispensé en arabe. Cet établissement accordait une importance particulière à l’enseignement de la langue arabe, des sciences de la loi divine, de la logique, des mathématiques et de la philosophie naturelle. L’école fut fondée et dirigée par le cheikh Ḥusayn al-Jisr qui fut un éminent savant du Bilâd as-Shâm (2) et l’un des pionniers de la nahḍaculturelle arabe. Le cheikh al-Jisr estimait que l’amélioration de la situation de la oumma et son élévation parmi les autres nations ne pouvaient se faire qu’en unissant les sciences religieuses et les sciences d’ici-bas, à la manière des Européens, en développant une éducation islamique nationale.

L’école ferma ses portes. Les étudiants se dispersèrent au sein d’autres écoles, excepté Rashîd Riḍâ dont les liens avec le cheikh Ḥusayn al-Jisr s’étaient raffermis. Rashîd Riḍâ rejoignit le cercle du cheikh al-Jisr et suivit ses cours. Le cheikh trouva en son disciple l’intelligence et la compréhension. En 1897, le cheikh al-Jisr lui donna la permission d’étudier les sciences de la loi divine, les sciences rationnelles et les sciences arabes. Dans le même temps, Rashîd Riḍâ étudia le ḥadîth et sa transmission avec le cheikh Maḥmûd Nushshâba. Parallèlement, il s’appliqua à suivre les cours d’un groupe de savants de Tripoli parmi lesquels le cheikh ʿAbd al-Ghanî ar-Râfiʿî, Muḥammad al-Qâwajî et Muḥammad al-Ḥusaynî.

Dans son village

Après s’être armé des sciences et des connaissances, son petit village d’origine, al-Qalamûn, devint le centre de son appel à la réforme. Rashîd Riḍâ dispensa des cours et des sermons à la mosquée de manière simple, sans prose rimée comme il était courant de le faire à cette époque. Il choisissait des versets du Coran dont il embellissait l’énonciation pour le public. Il facilitait la compréhension du fiqh et combattait les innovations qui étaient répandues parmi les habitants de son village.

Cheikh Rashîd Riḍâ ne se satisfaisait pas uniquement des personnes qui assistaient à ses cours. Il allait vers les gens, dans leurs assemblées, notamment dans les cafés au sein desquels ils avaient l’habitude d’aller boire leur café et fumer le narguilé. Rashîd Riḍâ n’avait pas honte de s’asseoir avec eux, de faire l’apologie de l’islam et de leur recommander la prière. Cette politique originale porta ses fruits. Nombreux sont ceux qui se repentirent et qui exprimèrent de l’intérêt pour l’accomplissement des obligations religieuses prescrites par la Révélation. Rashîd Riḍâ invita les femmes à se joindre à un cours qui leur était réservé dans sa propre maison. Il leur prodigua des leçons dans les domaines de la purification légale, des actes d’adoration, des mœurs et quelques notions sur le dogme.

Sa relation avec le cheikh Muḥammad ʿAbduh

Au moment où Rashîd Riḍâ étudiait à Tripoli, cheikh Muḥammad ʿAbduh vint s’installer au Liban après avoir été contraint de s’exiler en raison de sa participation à la Révolution ʿurabite (3). Muḥammad ʿAbduh enseigna à l’école sultanienne (al-madrasa as-sulṭâniyya) de Beyrouth. Il dispensa des cours qui attirèrent nombre d’étudiants grâce à ses idées novatrices et à ses présentations intelligentes. À l’époque, Muḥammad ʿAbduh avait pris ses distances avec l’action politique. Il estimait que l’éducation était le meilleur chemin vers la réforme et l’élévation. Il concentra donc tous ses efforts sur l’éducation.

Bien que le cheikh Muḥammad ʿAbduh séjourna relativement longtemps à Beyrouth, Rashîd Riḍâ n’eut pas l’occasion d’étudier à l’école sultanienne, ni d’entrer en contact direct avec lui, ni de suivre ses enseignements. L’étudiant Rashîd Riḍâ était impressionné par Muḥammad ʿAbduh. Il était soucieux de suivre ses traces dans le chemin de la réforme. Il le rencontra à deux reprises à Tripoli lorsque Muḥammad ʿAbduh vint visiter la ville à la demande de personnages importants de la capitale du nord du Liban. Les liens entre les deux hommes se raffermirent. Rashîd Ridâ s’attacha à Muḥammad ʿAbduh. Il avait foi en lui car ʿAbduh était considéré comme le meilleur disciple de Jamâl ad-dîn al-Afghânî dans le domaine de la réforme et du réveil de l’Orient après des siècles d’inertie.

Rashîd Ridâ tenta d’entrer en contact et de rencontrer Jamâl ad-dîn al-Afghânî. Mais ses efforts se limitèrent à une correspondance dans laquelle il lui exprimait son admiration. Al-Afghânî vivait à Istanbul comme un oiseau privé de ses ailes qui ne pouvait plus s’envoler. Il demeura sous le contrôle de l’État ottoman jusqu’à sa mort en 1897, sans que le rêve de Rashîd Ridâ de devenir son étudiant ne se réalise.

Au Caire

Rashîd Ridâ ne trouva d’autre issue pour travailler à la réforme que d’émigrer en Égypte et de travailler aux côtés de Muḥammad ʿAbduh. Il arriva à Alexandrie le 3 Janvier 1898. Après avoir passé quelques jours à visiter certaines villes égyptiennes, il se rendit au Caire où il prit aussitôt contact avec Muḥammad ʿAbduh. Une nouvelle étape, plus productive et plus influente sur sa pensée et sa méthode réformatrice, commença pour Rashîd Ridâ.

Moins d’un mois après son arrivée au Caire, il expliqua à son maître qu’il souhaitait faire de la presse le champ d’action de sa réforme. Une longue discussion eut lieu entre les deux imams concernant la politique de la presse et son impact sur la société. Il convainquit son maître que le but de la création de son journal était l’éducation et la transmission des idées justes pour lutter contre l’ignorance, les superstitions et les innovations. Il affirma qu’il était prêt à dépenser de l’argent pendant un an ou deux sans faire de bénéfices.

La revue al-Manâr

Le premier numéro de la revue al-Manâr fut publié en mars 1898. Rashîd Ridâ était soucieux de respecter les objectifs de la revue qui étaient : la réforme religieuse et sociale de la oumma ; montrer que l’islam n’était pas en contradiction avec la raison, la science et les intérêts des êtres humains ; la dissipation des doutes concernant l’islam et la réfutation de ce qu’on lui attribuait comme superstitions.

En parallèle des articles dédiés à la réforme, la revue consacrait une partie de ses pages au tafsîr du Coran de cheikh Muḥammad ʿAbduh et une autre aux fatâwâ et aux réponses aux questions doctrinales et juridiques des lecteurs. Les autres parties de la revue s’intéressaient aux nations musulmanes, aux grands personnages intellectuels et politiques du monde arabe et islamique, et à la liberté du Maroc, de l’Algérie, du Bilâd as-Shâm et de l’Inde.

La revue fut particulièrement bien accueillie. Au bout de cinq années d’édition, elle s’était largement propagée dans le monde islamique. Le nom de Rashîd Ridâ se fit connaître à tel point qu’il était surnommé « Rashîd Ridâ le directeur d’al-Manâr ». Tout le monde connaissait sa valeur et son savoir. De même, les ʿulamâʿ étaient avides de sa science. Sa revue devint la première revue islamique du monde musulman.

Cheikh Rashîd Ridâ était le rédacteur de la plupart des articles de la revue. C’était un savant possédant un savoir encyclopédique. Il connaissait le patrimoine islamique et les sciences coraniques. Il avait de grandes connaissances dans les domaines de la jurisprudence islamique et de la tradition prophétique. Il connaissait les conditions dans lesquelles évoluait la société et le rôle joué par l’histoire islamique. Il connaissait également l’état des musulmans dans les différents pays islamiques.

Sa méthode pour la réforme

Rashîd Ridâ écrivit cent articles et études dont le but principal était l’élaboration de moyens devant permettre le redressement et le raffermissement de la oumma islamique. Il visait principalement les ʿulamâʿet les gouvernants qui étaient les têtes pensantes de la oumma. Il pensait que si l’état de ces ʿulamâʿ et de ces dirigeants était satisfaisant celui de la oumma le serait également. À ce sujet, il expliquait : « Si tu vois au sein de la oumma le mensonge, la falsification, l’hypocrisie, la haine, la jalousie et ce qui leur ressemble comme vices, condamne ses princes et ses gouvernants pour leur tyrannie et leur injustice et accuse ses ʿulamâʿ d’innovation et de corruption, et vice-versa ».

Rashîd Ridâ proposa de rédiger un livre pour éliminer les causes de la division parmi les musulmans. Ce livre devait comporter l’ensemble de ce sur quoi les musulmans, de toutes les tendances confondues, s’étaient mis d’accord concernant des questions relatives à la bonne compréhension de la doctrine, à la réforme de la morale ou aux bienfaits de l’action. Il devait éviter les points de désaccord entre les grandes écoles musulmanes comme le chiisme. Une copie du livre devait être envoyée dans chaque pays islamique et les musulmans devaient être incités à étudier ses enseignements.

Il demanda la rédaction de livres dont le but était la standardisation des décisions juridiques. Les ʿulamâʿ devaient se charger de l’élaboration de ces livres qui avaient vocation à être en accord avec les différentes tendances islamiques et avec les données de leur époque. Ces livres devaient être envoyés à l’ensemble des ʿulamâʿ musulmans qui avaient pour tâche de donner leur consentement, d’aider à leur diffusion et d’appliquer leurs décisions.

L’éducation

Rashîd Ridâ était un fervent partisan de la réforme par l’éducation. Il était parfaitement d’accord avec les propos de cheikh Muḥammad ʿAbduh concernant la centralité de l’éducation : « La félicité des nations se trouve dans les actions et l’intégralité de leurs actions dépend de la propagation de la science et des connaissances ».

Rashîd Ridâ sélectionna les savoirs qu’il estimait nécessaires pour l’éducation et pour la réforme. Il incita les gens à acquérir ces savoirs parmi lesquels les connaissances de la théologie, de la jurisprudence dans les domaines du licite et de l’illicite et des actes d’adoration, de l’histoire, de la géographie, de l’économie, de l’économie domestique, de la santé et de l’hygiène, de la langue du pays et de l’écriture.

Il ne se contenta pas de son rôle de conseiller. Il créa l’école Dâr ad-daʿwa wal-irshâd. De cette école sortit des prédicateurs formés à la diffusion de la religion musulmane. Les étudiants choisis étaient des élèves pieux spécialisés en sciences islamiques et venant de différents pays musulmans, avec une préférence pour ceux qui possédaient un fort désir de savoir, notamment les étudiants originaires de Java et de Chine. L’école finançait les dépenses pour le logement et la nourriture des étudiants. Elle veillait particulièrement à ce que les étudiants s’attachent à l’éthique et à la moralité islamiques ainsi qu’aux actes d’adoration. Elle se chargeait également de leur apprendre le tafsîr, le fiqh et le ḥadîth. En revanche, elle n’enseignait pas ce qui n’apportait rien d’utile à la moralité et aux nobles comportements. De même, l’école ne s’occupait pas de politique. Les étudiants prédicateurs étaient ensuite envoyés dans la plupart des pays musulmans pour enseigner l’islam.

Les portes de l’école furent ouvertes durant la nuit de la fête du mawlid nabawî (4) 1912 au Caire. Les cours débutèrent dès le lendemain de la célébration. L’école accueillait des jeunes étudiants âgés de vingt à vingt-cinq ans qui avaient déjà atteint un certain niveau d’enseignement.

L’école avait besoin d’aides et de soutiens. Rashîd Ridâ tenta de faire appel à l’Empire ottoman pour permettre la continuité et la survie de son projet mais il échoua. La Première Guerre mondiale éclata et mit fin à ce projet. Les cours cessèrent et l’école ferma ses portes pour ne plus jamais les rouvrir.

Ses écrits

La revue al-Manâr fut sans aucun doute sa plus grande œuvre. Elle fut régulièrement publiée de 1899 à 1935. Elle se compose de 33 volumes pour un total de 160 000 pages. La revue fut diffusée en Europe, à Istanbul, en Inde et au hijâz. Elle œuvra dans différents domaines islamiques.

Parmi les écrits les plus importants de Rashîd Ridâ, signalons le tafsîr d’al-Manâr. Il acheva le travail entrepris par le cheikh Muḥammad ʿAbduh qui s’était arrêté au cent-vingt-cinquième verset de la sourate Les Femmes. Rashîd Ridâ continua son tafsîr jusqu’à la sourate Yusûf. Il mourut avant d’avoir pu terminer son tafsîr du Coran. Nous lui devons également les ouvrages : La révélation muhammadienne, L’appel au sexe faible, L’histoire du professeur et imam, Le califat, Les sunnites et les chiites ou encore Les rituels du hajj.

La mort du cheikh

À la fin de sa vie, le cheikh Rashîd Ridâ avait d’importants liens avec le Royaume d’Arabie saoudite. Il se rendit en voiture à Suez afin de faire ses adieux et de donner des conseils à Saʿûd ibn ʿAbd al-ʿAzîz Al Saʿûd. Il rentra chez lui le jour même alors qu’il avait passé une partie de la nuit à Suez. Son faible corps n’avait pas supporté le voyage difficile mais il refusa de dormir sur place. Durant le voyage de retour, il lit le Coran comme à son habitude. Ne supportant plus les secousses de la voiture, il demanda à son compagnon de s’arrêter afin de pouvoir se reposer. Il mourut le jeudi 22 août 1935. Les derniers mots qu’il prononça dans son tafsîr furent : « Nous demandons au Tout Puissant de nous donner la chance de mourir en étant adepte de l’Islam ».

Notes de la traductrice :
(1) Minbar : chaire de la Mosquée sur laquelle le prédicateur prononce son sermon.
(2) Bilâd as-Shâm : grande Syrie qui comprenait les actuels Syrie, Liban, Jordanie et Palestine.
(3) La Révolution ʿurabite se déroula en Égypte en 1882. Cette révolutionanticolonialiste fut menée par le Colonel Aḥmad ʿUrâbî.
(4) Célébration de l’anniversaire du Prophète Muḥammad.

Source : islamport.com

Traduction : Souad Khaldi

L’islam et le colonialisme

Classé dans : Politique — 2 mai, 2017 @ 3:22

Par Sayyid Qutb

En Algérie, l’enseignement de la langue arabe et de la religion musulmane est considéré comme un crime pour lequel son auteur peut être arrêté comme le sont les voleurs et les coupeurs de route. Il peut se retrouver dans le box des accusés avec eux et placé avec eux dans une même prison !

Pourtant, comme le disent nos écrivains nonchalants, la France est la mère de la liberté. C’est elle qui a appris au monde entier les principes de liberté, d’égalité et de fraternité !

Dans le Sud du Soudan, la présence d’un seul musulman  – et même s’il s’y rend uniquement pour commercer – est considérée comme un terrible danger contre lequel la Grande-Bretagne lève ses troupes. L’administration déploie tous ses efforts dans l’ensemble du Soudan pour le retrouver. Elle veut absolument l’attraper afin de le renvoyer dans le Nord. Les Britanniques agissent ainsi afin que les hommes pacifiques du Sud ne soient pas la proie de l’Islam ! Cette politique est menée alors que toutes les forces de l’administration sont mobilisées afin de protéger l’évangélisation et les missionnaires auxquels les Britanniques accordent toutes sortes de facilités.

Néanmoins, comme l’affirment nos écrivains perfides, la Grande-Bretagne est l’État qui respecte le mieux la liberté religieuse.

Derrière le colonialisme anglais et français se cachent les États-Unis avec leurs dollars, leurs avions, leurs chars et leurs bombes nucléaires. Ils protègent le colonialisme en tout lieu, lui restituent son prestige perdu, tuent des citoyens libres défendant leur pays et trahissent les questions relatives à la liberté à l’ONU et au Conseil de sécurité de l’ONU.

Toutefois, comme l’attestent nos écrivains opportunistes, les États-Unis protègent la liberté dans le « monde libre » dont ils parlent beaucoup mais dont le monde méconnaît totalement l’existence.

Le colonialisme déploie toutes ses forces contre les peuples qui réclament leur liberté. Cependant, il cible l’Islam et les pays musulmans avec un intérêt tout particulier depuis longtemps. Le colonialisme ciblait consciencieusement l’Islam bien avant que les peuples musulmans ne se soulèvent pour réclamer leur liberté spoliée. Car le colonialisme ne néglige pas un instant la force sous-jacente à la doctrine islamique et le danger que cette force représente pour le colonialisme.

 

Pour le colonialisme, le danger de cette force sous-jacente émane tout d’abord du fait que l’Islam est une puissance libératrice considérable. Son esprit refuse fondamentalement toute agression contre la liberté. L’Islam combat cette agression avec fermeté, par une résistance positive. Lorsque l’esprit de l’Islam s’éveille dans une communauté, il est impossible que celle-ci renonce à sa liberté et qu’elle se désintéresse du conflit visant à écraser le colonialisme.

Pour le colonialisme, le danger de cette force sous-jacente provient du fait que cette doctrine est celle de la supériorité, de la fierté et de l’orgueil. Lorsque l’esprit de l’Islam s’éveille en l’homme musulman, celui-ci ne peut plus supporter que quelqu’un se montre supérieur à lui. Le musulman ne tolère nullement d’être rabaissé. À partir de là, il considère le colonialisme comme une abomination qu’il faut éliminer et combattre afin de recouvrer la fierté de l’Islam, de sauvegarder l’honneur des musulmans et d’obtenir la satisfaction d’Allah.

Pour le colonialisme, le danger de cette force provient également du fait que cette doctrine considère la nation islamique comme un tout indivisible. Quiconque s’attaque à un empan de la nation islamique s’en est pris à la totalité de cette nation. Alors, il revient à chaque musulman, aux quatre coins de la Terre, de déclarer le jihad afin de repousser le danger pesant sur cet empan de terre islamique.

Il n’existe pas un musulman – un vrai musulman – au fin fond de la Terre qui entende ou apprenne qu’un ennemi ait foulé un empan de terre islamique sans que ce musulman ne soit déterminé à défendre cette terre et la fierté des musulmans.

C’est dans cette doctrine que réside le plus grand danger pour le colonialisme : le danger du rassemblement et de la coalition des musulmans sous un même étendard afin de combattre et de lutter, avec un esprit de sacrifice total.

Ainsi, le colonialisme ciblait soigneusement – et cible encore – le territoire islamique. Tous les États coloniaux s’entraident dans la lutte contre tout mouvement de libération dans le monde musulman. La Russie soviétique et l’ensemble de son bloc se sont joints au colonialisme européen à chaque fois qu’il s’est agit d’une question concernant une contrée musulmane malgré les dissensions et l’hostilité existants entre la Russie et le bloc occidental[1].

La Russie soviétique et son bloc communiste ont volé la nation islamique au Turkestan, en Crimée, en Yougoslavie, etc. La situation soviétique est comparable à celle du bloc occidental au Maghreb ou dans la Vallée du Nil. Les intérêts des voleurs s’unissent à chaque fois que la question concerne une contrée musulmane. Puis, ils se séparent après cela et se retrouvent à l’étape de la guerre froide, ou chaude le cas échéant.

Malgré le fait que le bloc communiste s’attaque à ses ennemis musulmans, la nation islamique, en vertu de l’esprit de libération sous-jacent à l’Islam, souhaite que tous les mouvements de libération, et même s’ils sont communistes comme les mouvements vietnamien ou coréen[2], triomphent de l’abominable colonialisme européen. Elle espère également que l’ombre obscure du colonialisme disparaisse de la Terre tout entière. Car l’Islam est la plus grande révolution libératrice.

Sur Terre, l’Islam souhaite avant tout laisser aux hommes leurs libertés, comme la liberté de prédiquer et la liberté de croire. C’est pour cette raison qu’il s’oppose au régime communiste en place qui proscrit aux hommes la liberté de penser, de croyance et de propager la doctrine qu’ils défendent. Le communisme interdit les spécificités humaines que l’Islam s’évertue à réaliser.

Mais revenons au colonialisme qui est notre ennemi principal. Notre ennemi réel vers lequel nous devons nous diriger avec toute notre haine. Celui que nous devons combattre sans merci car il nous combat sans merci. Il déploie toutes ses forces contre nous alors qu’il n’en fait pas autant contre le communisme qui est pourtant son ennemi déclaré.

Contre nous, le colonialisme ne déploie pas uniquement sa force militaire mais il nous tend également des pièges économiques. À l’instar de ce qu’essaie de réaliser les États-Unis ces jours-ci en concluant un traité commercial horrible qu’ils ont déjà proposé au siècle dernier et qu’ils proposent à nouveau.

Il s’agit d’un traité qui nous impose d’accepter les marchandises importées quelque soit leur pays d’origine tant qu’elles portent le nom d’une marque états-unienne. C’est-à-dire que les produits états-uniens d’« Israël » peuvent nous envahir à l’intérieur de notre maison sans que nous ne puissions réagir… Nous sommes également impuissants quant à la sauvegarde de notre devise que nous souhaitons protéger car le traité permet aux compagnies et aux ressortissants états-uniens en Égypte, d’utiliser leurs argents dans la devise qu’ils désirent.

Tout cela sans que nous ayons nous, Égyptiens, les mêmes droits en terre états-unienne.

Sans que nous n’ayons aux États-Unis des compagnies, des marchandises, des fonctionnaires et de l’argent ; ou que nous jouissions des libertés et des garanties dont bénéficient les ressortissants états-uniens dans notre pays. En vertu de la Charte de l’honneur et de l’indépendance, nous jouissions des mêmes droits que les Britanniques en Égypte. Nous pouvions utiliser les ports, les aéroports et les routes au cœur même de l’Angleterre. Sauf que, par malchance, nous avons aboli cette Charte !

Nous sommes convaincus que la nouvelle ère qui s’ouvre n’acceptera pas ce piège états-unien abominable car quelles que furent les contaminations ayant touché l’ère ancienne, elle n’a pas pu supporter cette lourde conséquence. Toutefois, cette certitude ne doit pas nous empêcher de mettre en garde contre un tel risque notamment lorsque nous savons que le colonialisme recourt toujours à des organes internes se composant d’associations et de personnes ayant généralement un caractère naïf.

Dans le passé, nous avons connu l’Association des frères de la liberté, l’Union égypto-britannique et l’Union du club des savants. Aujourd’hui, nous devons savoir que l’Union des agriculteurs n’est rien d’autre qu’une de ces associations naïves.

[1] NDT : Nous pouvons notamment évoquer le vote en faveur de la création de l’entité sioniste à l’ONU le 29 novembre 1947. En pleine guerre froide, l’URSS et les États-Unis votèrent main dans la main la résolution 181 prévoyant la création d’un État juif en Palestine.

[2] NDT : Sayyid Qutb fait référence ici à la guerre de libération (1946-1954) de l’Indochine menée par les troupes d’Ho Chi Minh contre le colonialisme français et à la guerre que les communistes coréens (1950-1953) ont livrée contre les troupes états-uniennes.

Sayyid Qutb

Traduction : Souad Khaldi

Source : Études islamiques, pages 169-174

 

L’islam américain

Classé dans : Politique — 2 mai, 2017 @ 3:20

Par Sayyid Qutb, 1952

A l’heure où certains veulent promouvoir une réforme de l’islam selon l’agenda de Washington, de Paris ou de Tel-Aviv, le Mouvement Islamique de Libération vous propose cette traduction de Souad Khaldi, d’un article de Sayyid Qutb, rahimahouAllah. Il nous montre que les tentatives de manipulation de l’islam au profit de l’impérialisme ne sont malheureusement pas nouvelles mais que les musulmans sincères et avisés savent parfaitement démasquer ces grossières supercheries.

L’islam voulu par les Américains et leurs alliés[1] au Moyen Orient n’est pas l’islam qui combat le colonialisme et lutte contre l’oppression mais seulement l’islam qui s’oppose au communisme.

Les Américains ne souhaitent pas et ne tolèrent pas que l’islam gouverne. Car si l’islam gouvernait les nations musulmanes renaîtraient et prendraient conscience que la préparation des forces pour lutter est une obligation. Elles comprendraient que le communisme et le colonialisme sont des épidémies. Tous deux sont un ennemi et une forme d’agression.

Pour le Moyen Orient, les Américains et leurs alliés souhaitent donc un « islam américain ». Ainsi, une vague d’islam déferle de tous côtés. Des discours sur l’islam sont lancés ici et là dans la presse égyptienne. Les discussions religieuses inondent des pages entières dans des journaux dont nous ignorions jusque là leur amour et leur connaissance de l’islam.

Les maisons d’édition, dont nous savons que certaines sont américaines, déterminent soudainement que l’islam doit être mensuellement le sujet de leurs livres.

Des écrivains, qui sont connus pour s’être faits, par le passé, les propagandistes des alliés de l’Amérique, recommencent à écrire sur l’islam après s’y être intéressés au cours des guerres précédentes, puis s’en être désintéressés après la victoire des Alliés ! Parmi les hommes de religion, ceux qui consument l’islam – et ils sont nombreux –, recherchent le prestige et le pouvoir. D’énormes récompenses sont attribuées à ceux qui écrivent sur l’islam et le communisme.

En revanche, l’islam qui combat le colonialisme – comme le communisme – ne trouve personne parmi tous ces individus pour parler de lui. Personne, parmi eux, ne mentionne l’islam qui gouverne et gère la vie des hommes.

 

L’islam est autorisé à s’exprimer sur la contraception, sur l’entrée de la femme au Parlement, ou encore sur ce qui annule les ablutions. En revanche, l’islam n’a pas le droit de se prononcer sur nos conditions sociales ou économiques, ni sur notre système monétaire. Il n’est jamais consulté sur nos conditions politiques et nationales ni sur ce qui concerne le colonialisme.

Il est admis qu’un livre ou un article traite de la démocratie, de la bienfaisance ou de la justice en islam. En revanche, le jugement par l’islam, la législation de l’islam ou la victoire pour l’islam… sont des sujets que ne peuvent effleurer une plume, un propos ou un débat.

En réalité, ces sujets sont une farce, bien plus une tragédie. Heureusement l’islam possède des alliés qui œuvrent pour lui seul et qui s’opposent à la fois au colonialisme, à l’oppression et au communisme. Ses alliés savent que l’islam doit gouverner afin de récolter l’ensemble de ses fruits. Ils ne se laissent pas duper par l’amitié des Croisés qui s’immiscent dans l’islam contre lequel ils sont en guerre depuis neuf cents ans.

Ceux qui commercent l’islam dans tout le Moyen Orient, ceux qui gagnent leur vie en jouant des tours de prestidigitation avec l’islam ; ceux-là sont l’écume qui devient vaine lorsque la marée recule. La marée reculera rapidement. Plus rapidement que ne le pensent beaucoup de personnes. « Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien[2] ».

[1]    Note de la traductrice : Il est évident que l’« islam de France », concept inventé par le politologue Bruno Étienne, relève de cette catégorie dénoncée dans cet article par Sayyid Qutb. En effet, l’« islam de France » est un islam soumis aux intérêts stratégiques de l’État français et à ce titre, il n’évoque pas les questions de  lutte contre le colonialisme ou contre l’oppression.

[2]    Coran 24 : 55

Auteur :  Sayyid Qutb, 1952

Traduction : Souad Khaldi

 

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L’arabité telle que nous l’avons apprise

Classé dans : Politique — 2 mai, 2017 @ 2:27

Par Maan Bashour

L’arabité telle que nous l’avons comprise et apprise par l’intermédiaire de grands penseurs ; l’arabité dont nous avons porté l’étendard derrière de grands dirigeants – et nous en avons porté beaucoup en raison de notre attachement à l’arabité -, est une identité culturelle fédératrice transcendant les frontières, les classes, les confessions et les races. Bien plus, l’arabité est une identité renfermant un projet de redressement civilisationnel, d’union, d’indépendance, de démocratie, de développement, dont l’objectif est de réaliser la justice sociale et le renouveau civilisationnel.

 

L’arabité telle que nous l’avons apprise

 

L’arabité refuse le sectarisme, le confessionnalisme, le racisme et l’ethnicisme. Au contraire, l’arabité s’oppose par définition à toute provocation que contient chacun de ces éléments.

De la même manière, l’arabité s’oppose à toute forme de compromis concernant l’indépendance et la dignité nationale, notamment avec le projet sioniste. Celui-ci spolie nos terres et nos lieux saints en Palestine. Le projet sioniste œuvre à dépecer nos territoires et à désintégrer nos sociétés. Ainsi, il ne saurait y avoir de normalisation avec l’ennemi ni de manipulation concernant la priorité de la lutte contre l’ennemi sioniste.

L’arabité, telle que nous l’avons comprise, ne s’acoquine pas avec le despotisme, la corruption, l’arriération, l’ignorance, l’intolérance, la subordination car tous constituent des obstacles majeurs sur la voie du redressement arabe. L’arabité, telle que nous l’avons apprise, est un appel continu à la résistance contre tout occupant ou tout usurpateur, de l’extrémité du Maghreb à l’autre extrémité du Machrek.

Nous sommes une oumma qui a porté les armes depuis le jour où le colonisateur a posé le pied sur notre terre, il y a maintenant plus de deux siècles. La résistance est devenue inhérente à l’existence, à la dignité et à l’indépendance de notre oumma.

L’arabité a pour esprit l’islam bien que des musulmans et des non-musulmans – notamment les chrétiens arabes – aient participé à la construction de la civilisation arabe. L’arabité refuse le chauvinisme qui se dresse contre les autres communautés quel que soit le degré de conflictualité existant avec leurs dirigeants. De la même manière, l’arabité s’oppose au racisme qui nie l’affirmation de leurs droits nationaux et leurs spécificités culturelles aux Kurdes, aux Amazighs, aux Turkmènes et aux autres peuples cohabitant avec les Arabes.

Toute tentative de ternir l’image, le contenu et le message de l’arabité se heurtera aux partisans indépendants de l’arabité fidèles à la force à laquelle se heurtèrent les ennemis de l’arabité sous différentes appellations et dénominations. Notamment, depuis que les ennemis de l’arabité sont devenus, au cours des décennies, des partisans de celle-ci.

Auteur : Maan Bashour

Traduction : Souad Khaldi

Source : Arabrenewal

 

« De la jeunesse de la umma vers la jeunesse de l’intifadha »

Classé dans : ACTUALITE — 2 mai, 2017 @ 2:25

Par Mounir Shafiq

Discours du Professeur Mounir Shafiq lors de l’ouverture du sixième colloque sur « La communication de la pensée au sein de la jeunesse arabe » qui a eu lieu à Beyrouth les 19 et 20 février 2016

« Tout d’abord, gloire au sixième colloque sur la pensée au sein de la jeunesse arabe.
Alors qu’elle entame la seconde moitié de son cinquième mois, l’intifadha d’al-Quds – la troisième intifadha – a prouvé qu’elle n’était pas un coup de vent éphémère, ni simplement une réponse au partage du temps de la prière, entre les musulmans et les juifs, au sein de la mosquée al-Aqsa. Cette intifadha a contraint Netanyahou à abandonner ce partage dès son premier mois, réalisant ainsi sa première victoire.

 

« De la jeunesse de la umma vers la jeunesse de l’intifadha »

 

Malgré l’amplification de la répression, au point d’exécuter en pleine rue, et la reconduction des dispositions sécuritaires pour la contrecarrer, la pérennité de l’intifadha pendant quatre mois et demi prouve qu’elle progresse avec détermination et qu’elle ne cède rien en ce qui concerne la réalisation de ses quatre objectifs :

1- repousser l’occupation ;
2- démanteler les colonies d’al-Quds, et de Cisjordanie  ;
3- rompre le blocus de la bande de Gaza ;
4- libérer tous les détenus sans condition.

Ces objectifs sont un point d’accord entre tous les Palestiniens sans exception. Ils sont réalisables et aucune personne ni aucun État ne peut considérer l’occupation et la colonisation comme légitimes. Il en est de même du blocus sur la bande de Gaza et de la détention des prisonniers victimes de l’occupation.

Cependant, ces objectifs ne peuvent être réalisés que par le biais de la stratégie de l’intifadha et de ce qu’elle a engendré comme formes de résistance. Pour concrétiser ces objectifs, il est nécessaire de garantir sa pérennité et son intensification qui a déjà permis le blocage des rues, des villes, des villages et des camps par les masses en Cisjordanie , à al-Quds et à Gaza. Les masses palestiniennes ont annoncé qu’elles ne reculeraient qu’après le départ de l’occupation, le démantèlement des colonies, la fin du blocus de la bande de Gaza et la libération des prisonniers.

Frères et sœurs, imaginez les rues de Ramallah, d’al-Bira, de Naplouse, de Jénine, de Bethléem, de Beit Jala, d’Hébron et d’al-Quds, les villages et les camps bloqués par les masses, sous l’égide d’une unité nationale complète, persistant à ne pas quitter les rues tant que les objectifs de l’intifadha ne seront pas réalisés sans condition.

Pour ce faire, les rues arabes et islamiques ainsi que l’opinion publique mondiale doivent se mobiliser. Elles doivent contraindre les gouvernements à réagir, et ce même dans la confusion et l’embarras. Le but est de faire pression sur Netanyahou afin qu’il réponde aux objectifs de l’intifadha qui embarrassent tout le monde ; et qu’il se retire afin que le monde sorte de cette impasse.

La victoire de cette intifadha est certaine insha’Allâh, surtout si nous prenons en compte le fait que l’intifadha fait face à une armée vaincue lors de quatre guerres et brisée lors de sa confrontation avec toutes ces personnes qui descendent dans les rues. Tout comme l’intifadha fait face au gouvernement isolé de Netanyahou qui commet des erreurs.

Oui la victoire et cette situation sont garanties, avec la permission d’Allâh.
As-salamou alaikoum. »

Mounir Shafiq

Traduction : Souad Khaldi
Source : Page facebook de Mounir Shafiq

Photo
Mounir Shafiq 

LE TAKFÎR, L’EXCOMMUNICATION

Classé dans : Mes publications — 2 mai, 2017 @ 2:18

le takfîr

 

« Le takfîr, l’excommunication »

Auteur: Yusûf al-Qaradâwî

Traduction: Souad khaldi

Bayane Editions

http://www.gedis.net/v3/livres/1207-le-takfir-l-excommunication–2915147506.html

LA SALAFIYYA

Classé dans : Mes publications — 2 mai, 2017 @ 2:16

La salafiya

 

« La salafiyya »

Auteur : Mohammed Imara

Traduction : Souad Khaldi

Bayane Editions

http://www.gedis.net/v3/home/1318-la-salafiyya-9782915147698.html

 

LE REPENTIR ENVERS ALLÂH

Classé dans : Mes publications — 2 mai, 2017 @ 2:15

Le repentir envers Allâh

 

« Le repentir envers Allâh »

Auteur : Yusûf al-Qaradâwî

Traduction : Souad Khaldi

Bayane Editions

http://www.gedis.net/v3/home/1231-le-repentir-envers-allah-2915147537.html?search_query=le+repentir+envers+allah&results=1

 

Les facteurs d’adaptabilité et de flexibilité de la sharî’a islamique

Classé dans : Mes publications — 2 mai, 2017 @ 2:08

les-facteurs-dadaptabilite-et-de-flexibilite-de-la-sharia-islamique-yusuf-al-qaradawi-

« Les facteurs d’adaptabilité et de flexibilité de la sharî’a islamique »

Auteur : Yusûf al-Qaradâwî

Traduction: Souad Khaldi

Bayane Editions

http://www.gedis.net/v3/livres/1211-les-facteurs-dadaptabilite-et-de-flexibilite-de-la-sharia-islamique-2915147483.html

 

 

Pourquoi ne sommes nous pas avec BDS ?

Classé dans : ACTUALITE — 2 mai, 2017 @ 1:40

 

Par Saddâm Abû Diya

La campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) est-elle un mouvement de boycott ou un mouvement de déviation par rapport à notre boussole ?
Si nous sommes vraiment arabes et que nous croyons en la question palestinienne, nous devons croire aux constantes de cette question qui sont:
1. La Palestine est arabe de la mer méditerranée au Jourdain ;
2. La lutte armée est le seul moyen d’obtenir la libération de la Palestine ;
3. Expulser les envahisseurs, c’est-à-dire expulser les Juifs qui sont venus à la fin du XIXème siècle puis les années suivantes.

Pourquoi ne sommes nous pas avec BDS ?

Nous déterminons nos positions concernant toute action, toute personne ou tout accord en fonction de ces constantes. Par exemple, les accords d’Oslo, de Wadi Araba et de Camp David ont clairement transgressé ces constantes. Puis nous plaçons ces accords et ceux qui les soutiennent dans la case des larbins et des traîtres.

Une campagne mondiale de boycott ayant une grande popularité à travers la planète, appelée Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS), a été lancée en 2005. Cependant, en tant qu’Arabes :

* Comment pouvons-nous définir nos positions concernant la campagne BDS ?

* Nous devons simplement comparer la campagne BDS aux constantes de la question palestinienne puis nous déterminerons si elle est effectivement un mouvement de résistance ou un mouvement de déviation par rapport à notre boussole.

Ainsi, nous avons fait des recherches sur le site officiel de la campagne BDS afin d’en savoir plus sur cette campagne et sur ses objectifs. Après avoir lu la partie consacrée à la description de la campagne BDS et sa conception du boycott, il nous est apparu les observations suivantes :

1. Cette campagne, à direction palestinienne, aspire à la liberté, à l’équité et à l’égalité.
Mais l’égalité entre qui et qui ? Entre l’oppresseur et l’oppressé ou entre l’usurpateur et l’usurpé ?

2. Cette campagne s’inspire de l’expérience sud-africaine.
C’est-à-dire la coexistence entre le propriétaire et le spoliateur de la terre.

3. L’État « d’Israël » occupe les terres palestiniennes. Il existe un apartheid dont sont victimes les Palestiniens vivant au sein de l’État « d’Israël ».
Cette affirmation entraîne la reconnaissance totale de la légitimité de l’entité sioniste. Ainsi, le problème serait l’apartheid mis en place contre les Palestiniens. Cela signifie que la question est une question de racisme et non une question d’usurpation des terres, de déplacement et de meurtre !

4. La résistance palestinienne est une résistance pacifique s’exerçant par le biais du boycott, du désinvestissement et des sanctions.
Il y a une occultation totale de la nécessité et du droit à la lutte armée. La résistance pacifique serait l’alternative à la lutte armée pour récupérer nos droits !

5. La campagne fait pression sur « Israël » pour faire appliquer le droit international.
C’est le droit international, lui-même, qui a divisé la Palestine en 1947. C’est le droit international qui y a établi la présence sioniste. C’est le droit international qui a permis l’occupation de l’Iraq et le bombardement de la Libye, de la Syrie et du Yémen. Le droit international n’a appliqué aucune décision contre le sionisme depuis sa fondation !

6. Détruire le mur et mettre fin à l’occupation israélienne des terres arabes : la Cisjordanie , Jérusalem-Est, Gaza et le Golan.
Selon leur conception, les terres arabes sont uniquement celles évoquées. Et le reste revient aux sionistes !

7. Accorder aux Arabes d’« Israël » le droit à l’égalité.
Ainsi, si les discriminations entre les citoyens prenaient fin en « Israël », le problème serait résolu !

Il est possible que la campagne BDS soit acceptable pour un Européen, un Étasunien ou une personne non affectée par le droit. Mais pour un Arabe, il est franchement regrettable d’accepter ces orientations car, en les acceptant, nous ne différons pas de ceux qui ont signé et renoncé aux constantes de la question palestinienne.

Source : Free Arab Voice

Traduction: Souad Khaldi

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